Chroniques

Prendre du temps pour soi qu’ils disaient ! Vdm moment-beauté new yorkais.

Depuis des semaines, je n’arrête pas d’entendre autour de moi qu’il FAUT « s’accorder du temps pour soi ». Poussée par mon mari, mes sœurs, mes copinous, avec leur phrase : « tu vas voir, ça va te faire un bien fou ! », je prévois une matinée détente. Je prends rendez-vous pour un soin du visage afin de repeupler et re-pulper les grains de ma peau (qui se font plus rares et plus mous) ! 

Je me réjouis à l’idée de m’allonger 60 minutes dans une cabine avec un fond sonore, soit d’oiseaux qui gazouillent dans une forêt tropicale, soit un CD Buddha bar même si pense que cette musique d’ambiance est décédée depuis 1998. 

À la base, j’avais en tête de commencer des injections, mais en tant que chat noir de la vie, avant même de la tenter, je me vois déjà développer une allergie au produit et rester figée que d’un côté. Après on n’arrêtera pas de me confondre avec un Cyborg ou la mère de Stallone. Remarque, ça me fera les pieds de plus ressembler à Sarah Jess’, et peut-être même qu’on verra ma tête dans les vidéos YouTube dans les 10 ratages les plus connus de la médecine esthétique.

Première victoire de canard WC : J’arrive à l’heure ! Rapidement, une dame m’explique qu’elle va s’occuper de mes pores. Je m’installe sous la couette, et vla qu’elle me tripote l’épiderme à la loupe. En attendant son analyse, j’ai droit à de la musique classique.  

Pendant qu’elle évalue ma peau, j’ai la même sensation que si je passais en conseil de classe. J’imagine toutes mes rides… pardon, mes ridules se réunir entre elles et jouer les balances. Je les vois d’ici me prendre en traitre et dire à Indra d’une même voix combien de fois j’ai « oublié » de me démaquiller le soir avant de dormir, et si j’ai bien mis ma crème de nuit ! Genre j’ai le temps TOUS les soirs de faire ce rituel que nous rabâchent les magazines féminins, les actrices, et les hôtesses de l’air. 

Je reviens à moi quand l’experte m’explique que pour mon âge : j’ai une super peau. Je ne veux même pas analyser cette phrase. Dans la foulée, elle me débite ces quarante-six mille produits qu’elle compte me mettre sur la tronche et insère le prix dans la même phrase. Hop, ni vu, ni connu. Heureusement que j’étais déjà allongée, sinon je serais tombée dans les pommes.

Poussées par mes ridules qui me supplient d’accepter, je donne mon feu vert : 

– Allez-y, mettez la dose, Indra. 

Et vas-y que ça tartine à tout va, jusqu’au grand final qui est l’application du masque WAOU. 

– C’est quoi ? 

– Un masque qui durcit. Je vais vous l’étaler au pinceau sur toute la surface du visage. Ça va booster l’éclat de votre teint. Vous allez être incroyable. Juste, ça va piquer un peu. 

Deux minutes plus tard, sentant le liquide chaud se répandre et se durcir juste après, j’aurais pu apprécier le moment, si cela ne me piquait pas autant les yeux. J’informe Indra qui me répète que c’est normal. 

– T’es sûre ? parce que ça me brûle de plus en plus. Purée ! Ça brule carrément ! Help help ! Je sens même que quelque chose se désintègre en moi !!! 

Et là j’entends un gros : 
– AHHHHH ! Est-ce que vous portez des lentilles ? 

– Oui. 

– Oh God ! Oh God ! Oh God ! (Multiplié par 15 dans la vraie vie). J’ai oublié de vous demander ce détail ! Comment j’ai pu faire cette erreur ! Je le demande systématiquement à toutes mes clientes. 

– Retirez-moi le WAOU ! Vitttttte. 

Je suis en panique totale de perdre mes yeux. (La fille qui exagère !). La dame me passe une compresse gorgée d’eau bouillante sur les yeux. Elle m’ébouillante les joues au passage. Elle gratte le masque à hauteur de mes yeux. Dès que je suis libérée, j’essaye de les ouvrir mais horreur, ils sont collés. Les « oh » d’Indra ne sont pas du tout rassurants ! Le soin se transforme en cauchemar. Prenez-du temps pour vous, qu’ils disaient. Tu parles ! Ben voyons ! Si c’est pour repartir borgne ou aveugle, ce n’est pas la peine. 

À l’aveuglette, je me dirige vers le lavabo et m’asperge autant que je peux. Au bout de cinq minutes, j’arrive enfin à décrocher mes lentilles qui sont devenues toutes dures à cause du WAOU. Je me vois déjà repartir chez moi a tâtons avec mon -6 dans chaque œil quand par je ne sais quel miracle, je retrouve au fond de mon sac une paire de lentilles de secours. Yes ! Je suis sauvée.

Je décide de mettre fin au soin parce que je suis plus dedans, et me rhabille. Je me dirige vers la caisse pour régler une partie du soin (dans mes rêves oui). L’hôtesse me sort que je dois payer le full Price/totalité : 
– Euh… non, cela ne va pas être possible. 

S’ensuit une longue explication pour une toute aussi longue négociation où on arrive à un accord plus ou moins convenable. Je vais pour partir quand la dame qui prend les rendez-vous me demande le Tip pour Indra. 

– Attends, le seul Tips auquel je pense, c’est celui du 19ème qui fait les meilleurs gratins aux substituts de crevettes. Même pas en rêve je lui donne un truc à ta collègue. 

– C’est la loi. 

– C’est pas du tout la loi. Arrête avec tes bêtises. 

Et c’est reparti pour une explication-négo de la mort. 

Je ressors de là nerveuse comme pas deux, hèle un taxi pour déposer mes livres qu’on m’a commandés le matin même dans le lobby d’un hôtel. Oui, je suis coursière, postière, écrivain, chroniqueuse, serpillère de sol et souvent de caractère. Je suis multitâche en essayant de ne pas faire tâche. Je me dirige vers une sorte de magasin qui fait partie de l’hôtel. Je dépose mes livres, et demande au monsieur de me donner mon enveloppe : 

– Oui, c’est 11 dollars.

– De quoi ? Je n’ai pas compris. I am french, that’s why. 

– Il faut payer 11 dollars pour que je te donne ton enveloppe. 

– Je ne comprends toujours pas. 

– Tu dois me payer pour le service que je te rends. 

– Attends, tu veux te prendre 11 dollars parce que la fille qui séjourne à l’hôtel t’a demandé de me remettre une simple enveloppe ? Mais c’est insensé ! Bientôt, tu vas me demander de payer l’oxygène que je respire à côté de toi. 

– That’s New York ! 

– C’est N’IMPORTE QUOI ! VOLEUR ! DONNE-MOI MON ENVELOPPE QUE JE ME TIRE.

Moi qui ne suis pas madame scandale pour un sou, je me mets à hurler comme une dingo. (Non, c’est le chien de Mickey. RIP les nuls). J’ai crié tellement fort que l’un de mes vendeurs préférés d’Ali express qui se trouve en Chine a dû sûrement m’entendre. Après avoir fait appeler le manager, même le directeur de l’hôtel, il n’y avait rien à faire : Nouvelle Policy. On fait payer les services. 

Je rentre chez moi vidée, en me disant que dehors c’est vraiment la jungle et l’argent en est le maître. Bonjour Junes ! Bienvenue dans le monde du capitalisme. C’est gentil de vous réveiller ! 

La seule fois où j’ai voulu prendre soin de moi « comme on m’a dit », j’ai réalisé que cela m’a plus épuisée qu’autre chose. Après, il y a des journées top et des journées flop. Faut pas non plus faire de cette journée une généralité, c’est évident. Sauf que je réalise que ma vraie détente dans ce monde est de me nourrir de mes passions ; sentir l’odeur de mes enfants, lire, écrire, préparer une bonne bouffe pour le RDM (Roi du Maroc), être sous la couette avec un cappuccino rempli à ras bord de chantilly avec en bonus des pépites de chocolat à regarder des séries ! Cela fait-il de moi une femme qui se laisse aller, qui ne prend pas soin d’elle ? Non je ne pense pas, juste une femme très 2.0. 

Et vous, avez-vous vécu une expérience similaire. Celui ou celle qui me racontera la meilleure anecdote en commentaire remportera un mini-cadeau. Hé, hé. À vos claviers ! 

Gros bisous.

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